Connaître l'Institut
Le Centre Culturel Français, telle était alors son appellation, a été créé en 1955, et hébergé dans l’enceinte de l’église Saint-Polycarpe des Français, une des sept églises de l’Apocalypse. C’est en octobre 1965 qu’il intègre le bâtiment actuel, après que ce dernier ait reçu les aménagements nécessaires, comme la construction de la salle de spectacle, configuration de la salle d’exposition…
L’ensemble, le bâtiment et ses jardins, est propriété de l’Etat Français. Il fait partie d’un vaste terrain, don au 19e de la fondation ottomane de la Sultane Valide, qui fut morcelé par la création du boulevard de la République (Cumhuriyet Blv). Il englobait le bâtiment du Consulat Général de France (fermé en 1983), actuelle agence consulaire, sa roseraie (aujourd’hui disparue et sur laquelle fut édifié le Lycée Tevfik Fikret), et la parcelle attenante à l’Institut Français, siège de l’association du « Petit Club ».
De style « néo-classique », ce bâtiment de deux étages a fait l’objet d’une intensive campagne de rénovations depuis 2006 : toitures, peintures, reconfigurations de la bibliothèque/médiathèque et de la salle d’expositions (équipements aux normes muséales).
Il abrite aussi bureaux et services, 11 salles de cours, un théâtre de 200 places et le Centre de Recherches Antoine Galland.
Dans les jardins ont été créés une cafétéria et un restaurant. Ce dernier s’est vu classé, par le quotidien national Hürriyet, comme étant le 4e meilleur et agréable restaurant de Turquie.
La maison des enfants, nichée sous les frondaisons, a aussi fait l’objet d’une rénovation totale.
Les jardins, dont la renaissance est due à la talentueuse paysagiste Isabelle Levêque, sont une oasis de verdure en centre ville.
Proche de la mer, implanté au cœur de la vie étudiante et commerciale, l’Institut Français d’Izmir remplit des fonctions qui dépassent les seules missions de coopération culturelle et linguistique pour faire face aux multiples enjeux et sollicitations dont il est l’objet, car il est un partenaire et un acteur incontournable de la vie culturelle de cette capitale (4 millions d’habitants) et de la région égéenne.
Le Centre Antoine Galland
Le Centre Antoine Galland occupe dans la bibliothèque du Centre Culturel l’espace mezzanine créé grâce à un soutien de la Société Arkas. Antoine Galland, linguiste renommé contemporain de Louis XIV, a séjourné plusieurs fois à Smyrne et a laissé une intéressante relation de ses voyages dans le Levant.

Le Centre Antoine Galland poursuit plusieurs objectifs :
- Constituer un fonds documentaire (livres, articles, documents graphiques, supports audio-visuels et bases de données informatiques). On peut trouver les références d’environ 900 ouvrages en cliquant ici. Cette base de données sera complétée prochainement et enrichie au fur et à mesure des acquisitions du Centre.
- Constituer un lieu d’accueil pour le travail des étudiants ou chercheurs.
- Proposer et soutenir des recherches relatives à l’histoire de la ville et de sa région, et d’assurer leur diffusion
- Organiser des expositions et manifestations destinées à mettre en valeur l’histoire et le patrimoine de la ville.
Le Centre A. Galland est ouvert au public les après-midi de 14 heures à 18 heures du lundi au vendredi.
Contact Agnès Meriç, Didier Laroche 463 69 79-121
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Contexte historique : Smyrne et la France
Les liens sont anciens et étroits. Smyrne ville méditerranéenne, ville levantine par excellence, accueillit une importante population originaire de France et de Marseille en particulier.
Les Français se sont particulièrement illustrés par les récits des voyageurs, notamment aux 17e et 18e siècles. L’inventeur du mot archéologie, Jacob Spon (1675), Antoine Galland le traducteur des Mille et une nuits, (1678), le jardinier du Roi Joseph Pitton de Tournefort (1717), le Chevallier d’Arvieux qui mentionne les premières fouilles (1735)…
Izmir, que les occidentaux appelaient Smyrne, a et occupe toujours une place spécifique dans l’histoire de la Turquie, et plus particulièrement celle de son ouverture à l’occident et à la France ; on dit ici que le 17e a été hollandais, le 18e français et le 19e anglais ! Si l’on se réfère aux dernières recherches archéologiques son existence remonte à 8500 ans et son histoire urbaine, ininterrompue, à 5000 ans.
Elle est une des plus anciennes cités du monde. Seule survivante des grandes métropoles de l’antiquité égéenne –elle a su enrayer l’ensablement qui a été fatal aux ports de ses rivales Ephèse, Milet et Priène- (Voir colloque des 20, 21, 22 mai 2010), l’Izmir d’aujourd’hui comme la Smyrne du passé a conservé ses particularismes.
Comme tout grand port (la surface de la baie est de 40 000 hectares), la ville offrait un brassage de population, et jouait un rôle important dans le commerce mondial, les sciences, l’art et la culture. La ville a conservé cette importance à toutes les époques de son histoire. Alexandre le Grand lui rendit son statut au début de l’époque hellénistique, à cette période la ville se déplace sur les pentes du Mont Pagos, Marc-Aurèle la restaura à la suite d’un tremblement de terre. Après l’Empire romain, Izmir reste à l’époque byzantine une capitale économique et connut une nouvelle expansion sous l’Empire ottoman. Carrefour des échanges commerciaux entre Orient et Occident, l’Izmir du 19e est qualifiée de « petit Paris » en raison de son mode de vie européen et de la richesse de sa vie artistique et culturelle.
Européenne, Izmir l’est et l’a toujours été si l’on considère, dans l’histoire récente de la Turquie, l’accueil à Izmir de populations balkaniques déplacées. Beaucoup des habitants actuels savent qu’ils plongent leurs racines dans des territoires européens.
Au sein de ce « melting pot » la présence française perdure. Assimilés de longue date, les levantins sont des sujets de l’Empire ottoman, dont la France a négocié la protection avec la Sublime Porte dès l’alliance entre François 1er et Soliman le Magnifique.
Ville de tolérance par excellence, Smyrne sera toutefois entraînée dans le cycle des affrontements nationaux qui bouleversent l’Europe dans les premières décennies du 20e siècle. Après le terrible incendie de 1922, c’est à nouveau en tant que pôle économique et commercial que les autorités rebâtissent la ville. (Voir Izmir et Le Corbusier)
La ville et sa région sont aussi le berceau de l’archéologie classique.
L’Institut Français d’Izmir et sa place dans l’archéologie de l’Anatolie occidentale.
Que ce soit au cours des fouilles du 19e siècle (Pottier à Myrina, Rayet à Milet, Pontremoli à Didymes, Gaudin à Aphrodisias…) époque à laquelle ce sont souvent des archéologues formés à Athènes qui travaillent sur le sol anatolien, ou bien au 20e siècle avec les fouilles de Claros et de Xanthos (1950), le Létoon (1962) ou Datça (1980) Izmir s’affirme naturellement comme la base logistique à partir de laquelle s’organisent les missions françaises dans l’ouest du pays.
Cette situation ressort de la logique géographique élémentaire qui fait que depuis l’antiquité toute la façade égéenne (Eolide, Mysie, Ionie, Carie, Lycie) s’organise autour de ses ports dont seul celui d’Izmir (Smyrne) s’est maintenu au cours de l’histoire.
La plupart des sites de la région ont été, à un moment où à un autre, l’objet de recherches d’archéologues français. Ces derniers, mais pas seulement français, ont pu bénéficier du soutien logistique de l’Institut, surtout depuis que ce dernier s’est doté d’un département (Centre Antoine Galland, 2006) tourné vers la recherche historique et ionienne et sa diffusion.
Pour exemples :
* les deux importantes expositions « d’Izmir à Smyrne, découverte d’une cité antique », la première à Izmir, la seconde au musée du Louvre, qui ont fait découvrir le patrimoine archéologique smyrniote, principalement à partir des collections françaises, ne sont que le prolongement naturel de l’implication grandissante de l’Institut dans une politique de coopération culturelle et scientifique entre Français et Turcs.
* l’organisation conjointe entre l’Institut et les Universités d’Egée et de Dokuz Eylül, de manifestations (colloques, conférences) visant là aussi à faire connaître la richesse patrimoniale de cette région.
Le succès des derniers colloques et des conférences confirme l’intérêt de cette démarche à laquelle se sont associées non seulement nos partenaires allemand (DAI, Istanbul) et italien, mais aussi le Musée du Louvre, l’Ecole Française d’Athènes, l’Ecole Pratiques des Hautes Etudes…